1 August 1792: violence in Paris

Vernouillet…

… Je ne puis vous dire, Monsieur, si je resterai encore quelque temps ici, ou non. Paris est fort agité, et déjà les Marseillois et la Garde nationale ont eu maille à partir et se sont battus. Il y a eu un lieutenant parisien de tué, et de part et d’autre quelques blessés. Ce ne seroit pas une raison de ne pas retourner à Paris, ne fût-ce que pour se joindre à la garde nationale de sa Section, dès qu’il y a du danger. Mais on dit qu’on ne laisse plus sortir personne en voiture de Paris, et si cela est, c’est une folie d’entrer dans une ratière d’où on ne sort pas. Si je peux pourtant, j’y retournerai dans la semaine prochaine.

(…)

Aux Tuileries, M. d’Eprémesnil a été, l’autre jour [28 July] battu, dépouillé, traîne nu au Palais-Pioyal, blessé de plusieurs coups de sabre et enfin arraché à demi-mort des mains de ses assassins, et cela en plein jour. M. Pétion est arrivé, et M. d’Eprémesnil lui a dit : « Et moi aussi, Monsieur, il y a trois ans, j’étois l’idole du peuple ! » M. Pétion s’est trouvé mal à ce mot, et a été trois quarts d’heure à revenir. Voilà toutes les nouvelles ; j’y pourrois ajouter une vingtaine de prêtres et de gens de tout état lanternés depuis quinze jours, et surtout le 14 Juillet dernier…

M. Fougeret à M. Lecoy de la Marche, à Château-Renard, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’«aristocrates». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 430-431.

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