28 July 1789: ‘…quoique les discussions soient détestables, les résultats sont presque toujours bons…’

Après la lecture de quelques addresses d’adhésion et de remerciement, on a lu un procès-verbal apporté par un courrier, duquel il résulterait que 4 000 brigands parcours les campagnes aux environs de Soissons, pour brûler les denrées en vert ; les habitants demandent du secours et  le demandent très prompt.

L’Assemblée s’est fortement occupée de cet objet ; peut-être même se l’est-on beaucoup exagéré. (…)

Il serait important de pouvoir remonter à la source de ces bruits, pour connaître les auteurs et leurs motifs. Cela est d’autant plus nécessaire aujourd’hui qu’il paraît que l’on exagère de toutes parts des plaintes qui nous parviennent des provinces, et qu’il paraît bien constant, d’après un courrier arrivé le soir, que tous ces bruits étaient absolument faux. Mais pourquoi les répand-on ? C’est ce que j’ignore. (…)

Cependant les imaginations s’effrayent ; on ne voit pas les coupables, on veut à tout prix en trouver ; il est certain qu’il en est quelques-uns, qu’il y a des gens payés, dit-on, pour ne pas travailler, etc., etc. Ce sont des faits à éclaircir. Mais nous devons consommer notre opération et calmer, s’il est possible, les imaginations égarées.

C’est dans cette vue surtout que l’on s’est occupé d’une motion faite par M. Duport, qui tendait à établir un comité composé de quatre personnes, chargées de prendre des informations et d’en rendre compte à l’Assemblée.

D’autres personnes n’ont pas craint de proposer que ce comité fût très secret, que l’on ouvrit toutes les lettres, et autres mesures semblables, qui inspirent aux gens d’honneurs de l’horreur de du mépris.

Aussi toutes ces belles vues ont été rejetées, et il a passé unanimement que le comité serait composé de 12 personnes, qui prendraient très publiquement des informations pour découvrir et les crimes et leurs auteurs. Mais, sur la proposition d’ouvrir les lettres, on n’a plus délibéré.

Ainsi, quoique les discussions soient détestables, les résultats sont presque toujours bons et sages. (…)

Journal d’Adrien Duquesnoy, député du Tiers état de Bar-le-Duc, sur l’Assemblée constituante : 3 mai 1789-3 avril 1790, t. 1 (Paris, 1894), p. 240-242.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s