3 July 1792: La Fayette & a spectacle worthy of God’s greatness

Les nouvelles de Paris sont la suite du grand combat entre les Monarchiens ou Feuillans et les Jacobins. L’arrivée de M. de la Fayette au secours des Feuillans a fort surpris, et l’Assemblée en a été fort étonnée. Il a demandé la révocation de la Municipalité, la fermeture des clubs, et la punition des auteurs, acteurs et fauteurs des événemens du 20, et cela au  nom de son armée. (…) M. de la Fayette, arrivé le soir du mercredi 27, est reparti le 30 pour son armée. Depuis son départ, les dénonciations et les affiches contre lui s’entassent les unes sur les autres, et pendant que les départemens de l’Aisne, de la Seine-Inférieure, et de la Somme, c’est-à-dire en bon françois de Soissons, Amiens, Rouen, et 20.000 signataires de Paris demandent la même chose que M. de la Fayette, quelques autres départemens du Midi et des citoyens prétendus des mêmes villes ou d’autres et de Paris font des pétitions contraires, et  comme on ne parle pas du nombre des signatures, une pétition de 5 ou 6 personnes balance celle des 20.000 honnêtes gens de Paris qui en ont signé une chez les notaires.

On ne dit rien de nos armées, sinon que celle de M. Luckner, de victoire en victoire et de prise en prise, a été contrainte par la prudence sans doute à abandonner ses conquêtes et à regagner Lille. Les Prussiens, les Piusses et les Suédois sont en route, et l’avant-garde prussienne déjà arrivée. Tous les émigrés seront dans l’armée de Prusse et à la solde du roy de Prusse. Tout cela est en mouvement.

Les Royalistes se sont joints aux Monarchiens pour résister aux Jacobins ; mais ils n’ont pas une foi entière aux paroles de M. de la Fayette et le soupçonnent fort de n’être pas plus ami du Roy qu’il ne l’étoit en juillet et octobre 1789 et depuis en février et en juin 1791. On est en général fort aise de sa démarche contre les Jacobins, quoiqu’on ne sache ce qui en résultera.

Ce mois-ci doit donner bien des lumières sur le sort de la France, et les étrangers auront le plus grand spectacle qui ait jamais eu lieu. Il est digne de la grandeur de Dieu, ce spectacle-là : un Roy, juste et bon, persécuté et, plein de constance, luttant contre l’adversité et l’injustice des hommes, et au moins douze royaumes coalisés pour venir à son secours. Mon Dieu ! qu’il est fâcheux d’être aussi mal placés que nous le sommes pour voir ce spectacle ! Qu’il nous a coûté et nous coûtera de larmes ! (…)

M. Fougeret à M. Lecoy de la Marche, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 424-426.

 

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