26 June 1790: a bored deputy misses his wife

(…) Tu sens combien cette folie de l’Assemblée, qui abolit la Noblesse, va rendre le séjour de la province, et surtout celui de la campagne, désagréable et ennuyeux. Le dernier paysan se tiendra au moins autant qu’un noble, et croira ne lui devoir aucun égard, aucune différence. (…)

Tu me demandes ce que je fais. Je passe tristement mes jours. M. de Brequigny me présentera demain chez Mme du Bocage. C’est une maison où l’on voit beaucoup de monde, et surtout des étrangers. Elle est très près de chez moi. J’essayerai, et je verrai si cette société me convient.

Il y a un journal qui a dit beaucoup de bien de mon livre, mais je ne sais lequel. Le Mercure n’en a point parlé, et n’en parlera probablement pas. Êtes-vous contents du Moniteur ? M. de la Blanque ne m’est pas d’une grande ressource ; il n’a point d’activité, il faut que le climat influe sur le moral et sur le physique des Languedociens, et que leur vivacité ne soit que par élans. La Blanque demeure très bien quatre ou cinq heures aussi sur une chaise, ou couché sur son lit, sans parler, sans lire ; le repos paraît être son unique besoin, et faire sa principale jouissance.

Tu vois, ma chère amie, que si ma société te manque, la tienne me manque autant. Obéissons à la nécessité. (…)

Marquis de Ferrières à Mme de Ferrières, dans Marquis de Ferrières, Correspondance inédite 1789, 1790, 1791, publiée et annotée par Henri Carré (Paris: Librairie Armand Colin, 1932), p. 220-222.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s