19 June 1793: “…le peuple souverain ne doit rien savoir, rien voir, rien juger…”

Ma bonne amie,… la majorité des sections de Paris se prononce de la manière la plus ferme et a défendu les arrestations sur son territoire sous prétexte de suspicion. Quant à l’emprunt forcé, l’on n’en parle pas. L’on en a tenté un pour les volontaires de la Vendée, qui n’a pu être rempli, et l’on se garde bien de faire aucun acte d’autorité à ce sujet. Les Jacobins travaillent toujours sourdement, et mendient des adhésions à la journée du 31 mai. La Montagne a enlevé un décret qui défend d’en lire publiquement aucune à ce sujet ; ils ont grand soin, malgré toutes les réclamations, de lire celles qui leur sont favorables. L’on ne nous donne pas plus de nouvelles qu’à vous ; le peuple souverain ne doit rien savoir, rien voir, rien juger, il doit obéir passivement. Tous les journalistes ne peuvent écrire que ce qu’on leur permet; cela s’appelle la liberté de la presse. S’ils disent la vérité, ils sont incarcérés. (…)

M. de la Balmondière à sa femme, à Mâcon, in Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 608.

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