18 June 1793: the last letter to a father

Je viens d’être condamné, mon bon et tendre père, à la mort, après avoir éprouvé quatre mois de prison. Je vous avois épargné jusqu’à ce moment-ci la peine que vous eût causée ma détention. Mais il est de mon devoir aussi de vous faire part de cet événement fâcheux dès qu’il ne peut vous être caché. Je veux épargner cette douleur à ma malheureuse femme. Je vous demande pour elle, à titre de mes dernières volontés, de venir à son secours dans tout ce dont elle aura besoin. Je ne connois rien d’estimable  comme elle : elle a droit à tous vos plus tendres sentimens. Elle mit au jour, le 26 mars, une fille qui fera une partie de sa consolation. Vos attentions et votre bon coeur me sont garants que vous ferez le reste.

Ne  me plaignez point. Je meurs non coupable et sans reproches. Dans quelques heures, je serai parfaitement heureux. Les approches de la mort ne  me sont point horribles ; les suites ne peuvent l’être. (…)

De M. de Pontavice à son père, à la Branche, près Saint-Brice-en-Cogles, par Fougères, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 616.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s