6 June 1792: politics divided friends even before social networks

mercredi… (…) Mme Dejean et votre frère ont dîné hier avec moi. Ils sont de plus en plus aristocrates, de manière qu’ils voient noir ce que je vois blanche et blanc ce que je vois noir, avec la prétention d’aimer le peuple et la prospérité publique avec la même pureté et la même chaleur que moi. C’est désolant que la même source produise deux torrents qui roulent dans des sens si contraires. Nous avons discuté sans disputer, nous avons fait la guerre, la branche d’olivier à la main, en nous retranchant dans le fort de nos consciences, qui dans la diversité de nos opinions nous rend si fermes et si opiniâtres, que chacun bat retraite en s’attribuant les honneurs du triomphe. Je ne suis pas contente du Sénat. Jen ne dirai mot, aujourd’hui des affaires politiques. Ma confiance dans l’Être suprême et dans cette providence de la Révolution qui a fait tant de miracles, fait toujours mon seul espoir. (…)

Rosalie Jullien à Marc-Antoine Julien chez M. Poncet à Voiron, département de l’Isère, in « Les affaires d’État sont mes affaires de cœur » : lettres de Rosalie Jullien, une femme dans la Révolution, 1775-1810, présentées par Annie Duprat (Paris : Belin, 2016), p. 102.

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