1 June 1791: weapons & great men

(…) Je ne comprends pas que tu aies tant d’armes à faire. Il  me semble que depuis deux ans toute la Nation doit être armée. Ici, à Paris, rien de plus rare que de voir une épée ; mais, en récompense, on ne rencontre que sabres, fusils, baïonnettes. J’aimois mieux les cheveux longs de nos robins…

Le délire pour Mirabeau est un peu calmé ; c’est-à-dire qu’après lui avoir fait cinquante et tant de services dans les 33 églises qui restent à Paris, on se contente à présent d’aller brûler des cierges et l’invoquer autour de son cercueil dans le caveau où il est déposé. Sur les billets d’invitation envoyés pour les services, on ne mettoit pas : Pour le repos de l’âme, mais : Vous êtes prié, etc., en l’honneur de M. de Mirabeau. Voilà bien qui caractérise notre délire irréligieux. Mais sûrement nous allons avoir encore des farces pour le transport de Voltaire qu’on doit apporter auprès de Mirabeau. On réunira bonne compagnie dans ce caveau !…

Mlle de Givry à son frère, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 287.

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