7 April 1791: federation of philosophers

Salut !

Votre dernière, mon cher ami, nous entretenait de vos projets de fédération universelle ; c’est là-dessus que je me propose de vous entretenir. (…) Nous pensons toujours, Brissot et moi, ce que je vous ai mandé sur vos projets. La fédération des philosophes est totalement faite ; que servira de les faire convoquer, qu’à donner un éclat à des travaux qu’il est bien mieux de faire dans une silence ? Les despotes ne sont déjà que trop éveillé ; et quant à moi, je n’ai point votre sécurité. Je vous répéterai ce que je ne cessé de dire aux patriotes que j’ai le plus connus : c’est de la suite et de l’ensemble qu’il faut maintenant, plutôt que de l’éclat, pour établir solidement la liberté. Je ne suis à cet égard content de personne, ni de moi-même. Depuis que je suis ici, je me serais joint à Brissot d’une manière à pouvoir le seconder ; mais M. Page, dont le caractère est beaucoup formé sur l’ancien régime, nous a empêchés de trouver moyen de rien conclure. Celui-ci s’est emparé de l’imprimerie du Patriot français ; c’est sa besogne particulière, il en fait une affaire d’argent, et nous aurions voulu en avoir une qui pût nous donner moyen de répandre les lumières avec moins de frais. (…)

F. Lanthenas au citoyen H. Bancal, Lettres de madame Roland : [1780-1793], publ. par Claude Perroud, vol. 2, Paris, l’Imprimerie nationale, 1902, p. 263.

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