3 April 1790: silence is revolutionary

L’Assemblée me paraît chaque jour faire des pas vers la raison ; elle est en général sage et modérée, et l’exaltation n’est plus le moyen de lui plaire. Mais aussi elle me paraît tenir fermement aux principes qu’elle s’est faits et dont il faut avouer qu’il est à désirer qu’elle ne s’écarte pas. (…) Deux partis très opposés, très distincts, sont marqués dans l’Assemblée, et cependant ces deux partis sont eux-mêmes partagés en une infinité de ramifications. J’appellerais volontiers l’un celui des révolutionnaires (…), d’autres plus sages, (…) enfin les troisièmes, qui font essentiellement la masse de l’Assemblée, qui en font les résolutions, qui les dirigent et les maîtrisent, gens peu parleurs, mais penseurs profonds, – ceux-là sont les vrais amis de la liberté et de la révolution. (…) Ce ne sont pas ceux qui parlent qui sont les plus utiles, ni ceux qui cherchent le plus à se montrer qui sont les plus estimables. (…)

Journal d’Adrien Duquesnoy, député du Tiers état de Bar-le-Duc, sur l’Assemblée constituante : 3 mai 1789-3 avril 1790, t. 2 (Paris, 1894), p. 505, 506, 509

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