24 March 1797: epistolary privacy & nothing new

J’ai reçu ta lettre toute décachetée, mon cousin, et quoique nous ne disions rien qui ne soit à dire, et que nous n’ayons rien à cacher, parce que nous n’avons rien de mauvais dans le coeur, il m’est infiniment désagréable de n’avoir pas la fleur de tes épîtres, et qu’un oeil curieux et indifférent les parcoure avant moi. S’il en est ainsi des miennes, Messieurs de la poste, au moins je vous prie de ne les pas mettre au rebut. Sur ma parole, elles sont pleines de tendresses et de balivernes qui intéressent fort peu la République.

(…) Il n’y a rien de nouveau, ni chez nous, ni chez nos amis. Les assemblées primaires, autant que j’en puis juger par les faibles échos de ma retraite, sont calmes et paisibles. L’urne du destin va contenir de grands événements. Puissent-ils être heureux pour notre chère patrie ! Amen. (…)

Rosalie Jullien à Marc-Antoine Jullien fils à Chambéry, dans « Les affaires d’État sont mes affaires de cœur » : lettres de Rosalie Jullien, une femme dans la Révolution, 1775-1810, présentées par Annie Duprat (Paris : Belin, 2016), p. 350-351.

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