20 March 1792: Bonnets rouges & a patriotic embrace

Je veux te faire part d’une scène intéressante qui vient de se passer ce soir aux Jacobins. M. Dumouriez y a paru ; il a péroré à la tribune un bonnet rouge sur la tète. Après avoir protesté de son dévouement à la patrie et à la cause de la liberté, il a ajouté qu’il allait incontinent entamer des négociations telles, qu’avant peu nous aurions…. ou la guerre ou une paix définitive. A peine avait-il fini que Robespierre, à qui  il est attaché par la plus intime affinité de principes et d’opinions, a pris la parole et lui a tracé ses devoirs, avec cette sévérité de pensées et cette éloquence de l’âme que n’imitera jamais l’éloquence académique. Dumouriez, touché jusqu’aux larmes, s’est précipité dans ses bras, et tous deux ont été couverts d’applaudissements. Voilà donc un ministre patriote ! Veuille le ciel que la cour n’entrave pas sa marche !

La Société a fait lire ensuite une lettre du maire de Paris, qui en qualité de membre de la Société invite ses concitoyens à abandonner pour le moment le bonnet rouge. La lettre respirait la vérité, la franchise et l’amour du bien public ; son invitation était tellement motivée, ses considérations si sages et si prudentes, qu’avant la fin de la lecture chacun avait mis bas son bonnet. La Société a arrêté en outre qu’elle n’en porterait plus que quand certaines circonstances, qu’on ne croit pas éloignées, l’exigeraient. (…)

Gaston Maugras, Journal d’un étudiant (Edmond Géraud) pendant la Révolution, 1789-1793, 3ème éd. (Paris, 1890), p. 265-266.

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