12 March 1793: domestic servants, citizens, & enlistment in Paris

Je voudrois bien avoir la liberté de sortir de Paris et n’être pas renfermé dans cette grande souricière, car Paris ressemble à une grande Chartreuse où l’on est bien et dûment cloîtré et d’où tous les moines voudroient sortir.

Hier, il a été question dans les sections qui n’avoient pas trouvé à recruter leur contingent de se procurer le déficit par un tirage, et les domestiques ont en conséquence été appelés. On craignoit quelque tapage ; mais, dans celle-ci au moins et dans quelques voisines, il n’y a point eu de bruit. Il paroît que généralement les domestiques au-dessous de 40 ans ont refusé de marcher et de tirer, sous le prétexte que, n’étant point citoyens, ils ne dévoient aucun service à une patrie qui les rejetoit. Ce raisonnement n’a pas été trouvé trop mal fondé. Mais  comme les valets ôtés du nombre des garçons diminuoient beaucoup les citoyens restans pour contribuer au tirage, on s’est arrangé. Chacun a donné quelque argent ; on a trouvé des gens de bonne volonté qui ont complété le déficit d’hommes, et il paroît que Paris a son complément. Mais on dit la chose moins avancée et plus difficile dans les départemens et surtout dans les villages d’autour de Paris…

M. Fourgeret à M. Lecoy de la Marche, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 436.

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