5 March 1793: sans-culotte economy & enlistment

… Les marchands de drap, etc… ont été menacés ces jours-ci. Tout cela fait bien du mal et ne peut qu’amener disette sur disette. Le lendemain du pillage des épiciers, dont un nombre assez considérable est réellement ruiné, j’ai entendu un gros propriétaire de sucres qui venoient d’arriver dans nos ports ordonner de donner tous ses sucres à 10 p. 100 de meilleur marché aux vaisseaux danois et autres étrangers, ou de leur payer le fret à haut prix pour les sortir de France. Cela est fort indifférent aux sans-culottes qui gagnent en revendant le sucre et le savon volés ; mais pour le total, c’est détruire et éloigner la denrée, et c’est absolument le sauvage qui, pour avoir le fruit d’un arbre, le coupe pour ne pas monter si haut.

On enrôle ici tant qu’on peut et de toute taille ; presque tous sont des enfans. J’en ai vu hier 300 ou 400 ; cela fait peine ! Mon Dieu ! quelle dépopulation ! Sans le feu, combien nos hôpitaux en consommeront !

Adieu, Monsieur, je suis hors d’âge pour servir ; mais ce n’est pas assez : je me chargerois avec plaisir du trop de quelque amateur de la vie, et en vérité je voudrois être au bout de la mienne tant la tristesse me dévore.

M. Fourgeret à M. Lecoy de la Marche, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 435-436.

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