4 March 1790

C’est avec bien de la peine, mon cher ami, que je me suis vu privé depuis lontems [sic] du plaisir de m’entretenir avec vous. Mais, en vérité, vous ne pourriez vous former une idée de la multitude et de la difficulté des affaires, qui justifient mon silence : si vous pouviez oublier que les députés patriotes de l’Assemblée nationale, en osant tenter de nettoyer les écuries d’Agias, ont formé une entreprise peut-être au-dessus des forces humaines. En ce moment même je ne puis me procurer la satisfaction de m’étendre sur les choses intéressantes que je pourrois vous dire. (…) Je me bornerai à vous rendre compte d’un décret qui intéresse nos provinces et relatif à la motion que j’ai fait imprimer pour la restitution de nos bien communaux ; il a été porté ce matin ; et quoiqu’il ne remplisse pas toute l’étendue des vœux que je présentois au nom du peuple, il surpasse du moins les espérances de beaucoup de monde. (…)

Je viens d’apprendre, non sans rire, que j’ai été le sujet d’une expédition presque militaire faite au collège d’Arras (…). Pour vous, mon cher ami, je vous exhorte à propager votre patriotisme autant qu’il sera en vous. Jusques ici nous n’avons qu’à gémir de la froideur et de l’isolement des patriotes artésiens en général. (…)

Robespierre à Buissart, Correspondance de Maximilien et Augustin Robespierre, recueillie et publiée par Georges Michon (Paris, 1926), p. 66-67.

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