1 March 1791: politics & slander

(…) Ce soir, les membres nouvellement élus pour composer l’assemblée administrative du département de Paris sont venu présenter leur hommage respectueux à l’Assemblée nationale. Leur discours et la réponse que M. le président leur a faite ont été vivement applaudis.

(…) Il n’est pas surprenant que l’on tienne sur mon compte beaucoup de mauvais propos, et que la calomnie décharge sur moi son odieux venin. Cela me touche peu. La haine de certaines personnes me poursuivroit avec beaucoup d’acharnement j’avais pu me distinguer davantage parmi les législateurs et rendre plus  de services à ma patrie. J’ai vu avec quelle fureur elle s’est traînée sur les pas du bon, du vertueux M. Necker à qui la France auroit du élever des autels comme à son libérateur, et qui ne reçoit d’elle aujourd’hui que des témoignages d’ingratitude. Je vois tous les jours comme on déchire à belles dents les hommes les plus sages, les plus utiles, ceux pour qui j’ai le plus d’estime et de vénération. Cela ne doit point décourager de faire le bien : le seul souvenir de l’avoir opéré en est une assez douce récompense. Pour moi, je suis trop peu de chose en ce monde, j’y joue un rôle trop peu intéressant pour que la foule des détracteurs s’attache à me poursuivre. Un petit nombre seulement pourra me faire cet honneur, et même je pense qu’il ne tardera pas à m’abandonner. (…)

François Ménard de la Groye, Correspondance (1789-1791) (Conseil Général de la Sarthe, 1989), p. 347.

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