8 February 1792: Assembly, evil & political poetry

Notre Assemblée,  mon cher Limoëlan, va toujours croissant en mépris public, mais [est] aussi enragée pour faire le mal. On m’a assuré hier que le Roy avoit été insulté, en passant à cheval au faubourg Saint-Antoine. Vous n’avez pas d’idée de l’insolence du peuple, c’est-à-dire de ce qu’on appelle les sans-culottes. Il y a des gens qui se sont chargés d’enfans pour leur apprendre à voler ; c’est le règne de la liberté.

Je ne sais si vos papiers vous auront fait connaître une lettre écrite au peuple par Manuel contre le Roy, qui est bien la plus insolente qui ait jamais été enfantée. Voici la réponse dans la Feuille du jour :

Vous n’êtes pas le Manuel chrétien,

Car Dieu nous a prescrit amour, obéissance

Au Prince que la Loi revêt de sa puissance.

Vous haïssez les roys, même un Roy citoyen.

Le Manuel des gens de bien

Repousse avec horreur cette infâme maxime.

Quel Manuel êtes-vous donc bien ?

Vous êtes, je le vois, au choix de la victime,

Cet affreux Manuel qui guida vers le crime

Jacques Clément le Jacobin !

Mme de Nermont à M. de Limoëlan, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 482-483.

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