19 January 1793: time to sell silverware

Monsieur,… par votre lettre du 16, je vois que l’or et l’argent se soutiennent mieux à Lille qu’à Paris. Il pourroit être que, comme l’on craint ici qu’on soit au premier moment dépouillé de son argenterie par l’autorité, on se détermine à la vendre, ce qui fournit amplement de la matière pour frapper du numéraire et en maintient le cours à un taux moins élevé. Mais cette ressource n’est que passagère et très insuffisante, si nous sommes obligés, comme il ne paroît pas douteux, de soutenir la guerre contre toutes les puissances, la campagne prochaine. Je me suis décidé aussi à vendre une partie de  mon argenterie, ou plutôt à l’échanger contre de l’or, plus facile à cacher ou à emporter avec soi…

Vous serez trop instruit du sort de ce malheureux Roy dont la mort est décidée et qui sera sans doute très prochaine. On ne peut, sans frémir, songer à ce qui se passe. Dieu vous garde de tout accident!

De Lefebvre d’Acy à Vanlerberghe, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 475-476.

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