18 January 1793: the King’s sentence voted

On a expédié dès hier des courriers dans tous les départemens, au moyen de quoi vous savez maintenant que sur 721 votants, 366 ont voté pour la mort sans restriction. Ainsi le décret a été rendu d’après le dépouillement du scrutin. Le président a donc prononcé que la peine à infliger étoit la peine de mort. M. de Malesherbes et les autres défenseurs du Roy se sont présentés à la barre et, au  nom du ci-devant Roy, ils ont déclaré qu’il demandoit à interjeter appel au peuple françois. Ceci a donné lieu à une nouvelle discussion. Je ne connois encore que l’opinion de Robespierre, qui s’est vite jeté à la tribune pour dire que le décret étoit irrévocable. Je vais sortir pour savoir les nouvelles et vous informer exactement de ce  qui se passe. Mais je suis bien aise de profiter du calme de la matinée pour vous donner une idée de Paris pendant ces jours-ci. Le plus grand calme, la plus grande tranquillité règnent dans la ville. Tous les gens de travail, les marchands, négocians, tous sont occupés  comme de coutume. Il semble que pas un ne veuille interrompre son occupation pour donner un moment de réflexion sur cet événement. J’ai été hier à la Convention. J’ai cru y trouver une affluence à ne pouvoir en approcher. Eh ! bien, j’ai trouvé que dans l’Assemblée il y avoit au plus les deux tiers des membres et que les tribunes n’étoient pas remplies à moitié de ce qu’elles pouvoient contenir. Enfin, il semble que tout ceci n’intéresse personne ou que le décret de l’Assemblée ne doive avoir aucune suite et que tout le monde soit dans le secret. J’ai entendu trois prêtres dont un évèque voter hier ; tous trois ont voté pour la mort.

Je rentre à l’instant. Je ne puis vous rien apprendre que ce que vous diront les journaux. La demande des défenseurs du Roy a été rejetée. Le ci-devant Roy ne pourra en appeler au peuple. Aujourd’hui, à midi, la discussion sera ouverte sur la question de savoir s’il est utile de suspendre l’exécution. Cette question, dont la solution est d’une extrême importance, sera, dit-on, tout à fait terminée aujourd’hui. Cela me paroît cependant difficile à croire, parce que l’on doit y procéder par appel nominal.

(…) Je vais à la séance.

De M. Beaulieu à M.  Béviers de Mauny, à Anise, près Châteaudun, dans dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 572-573.

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