9 January 1792: currency exchange & war against Saint Empire

Monsieur…, nous verrons d’ici au mois de mars ce que deviendront les affaires et ce que vaudront les écus en échange d’assignats. Je pense qu’il n’y a pas de risques à les laisser dormir et qu’ils porteront bien l’intérêt qu’ils coûtent, étant gardés en caisse. Au surplus, j’en disposerai en temps et ainsi que vous  me le prescrirez.

On a chassé du perron du Palais-Royal tous les marchands d’argent qui en obstruoient le passage, et ils se rassemblent maintenant place des Victoires et rues adjacentes. Le tripot et l’agiotage vont toujours leur train, quoique plusieurs agens de change, courtiers et autres particuliers aient été bâtonnés d’importance à la Bourse, la semaine dernière.

Nos Brissoteurs,  comme vous dites fort bien, auront beau faire, ils ne se tireront jamais du mauvais pas où ils sont enferrés, et il y a tout lieu de croire que l’Empereur leur donnera du fil à retordre et par-dessus tout les étrivières qu’ils auront bien méritées. Je ne pense pas qu’un tas de gueux et de scélérats, qui n’ont ni moyens ni crédit, ni bonne foi, ni honneur, puissent réussir à faire échouer des dispositions concertées par des puissances qui connaissent les droits des sociétés,  et ne confondent pas l’impudence, le crime, la licence et l’anarchie avec la liberté…

De Lefebvre d’Acy à Vanlerberghe, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 449-450.

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