25 December 1790: Counterrevolution & Civil Constitution of the Clergy

Je n’ai presque pu, mon cher Désilles, vous écrire qu’à la hâte depuis votre départ, soit que j’attendisse des nouvelles à votre sujet, qui n’arrivoient pas, soit par des affaires qui me sont successivement survenues. L’idée de la contre-révolution m’a tourmentée, et je vous avoue que j’ai été prête à partir pour le pays étranger, non que je craigne les troupes (nos gardes nationales seroient dans le cas de veiller), mais je craignois les brigans qui cherchent toujours à pêcher en eau trouble. Beaucoup de monde étoit déjà parti, etj’étois d’une humeur effroyable… Enfin, nous voilà tranquilles pour le moment pour la contre-révolution ; respirons, puisqu’on nous en donne le temps. Cependant, on a été hier demander la sanction au Roy pour le Clergé. On vient de me dire qu’il l’avoit donnée. Cela va faire du bruit. La plus grande partie ne feront pas le serment, et je ne serois pas étonnée que nous en vinssions à manquer de messe. Dieu veuille avoir pitié de nous !

Le comte de Mirabeau a demandé un congé d un mois ; cela donne beaucoup à penser. On croit qu’il est allé en Provence…

Mme Marie-Richarde-Hélène de Nermont à M. Désilles, à Saint-Malo, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 233-234.

Image: A commemorative plate from 1790

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