16 December 1789: “…le Roy n’en porte plus que le nom, et la misère augmente”

Parmi la multitude de libelles qui paroissent contre l’Assemblée et les membres qui la composent, celui intitulé Adresse aux provinces, ayant pour épigraphe : « Ils n’ont rien respecté, et ils veulent qu’on les respecte ! » est le plus infâme de tous. Si les habitans des provinces pouvoient croire une partie de ce qu’on y lit, elles rappelleroient leurs députés. Mais il n’est pas possible que ce soit des vérités,  comme il y a des gens qui osent l’affirmer.

(…) Le clergé de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont fait une procession depuis huit jours en réparation de la profanation commise contre le Saint-Sacrement, dont un voleur a enlevé le saint ciboire et répandu les hosties sur l’autel. (…)

Nos 4 livres de pain sont à 10 et 12 sols, et tant qu’on en veut.

Je ne crois pas qu’il y ait encore beaucoup de monde qui ait fait sa déclaration du quart de son revenu. Les plus généreux l’ont payé d’avance par l’envoi à la Monnoie de la vaisselle. L’Église est dépouillée complètement ; la Noblesse perd une partie de ses biens ; la magistrature est avilie ; la force publique réduite à zéro ; le Roy n’en porte plus que le nom, et la misère augmente.

Du comte de Quélen à M. le président de Saint-Luc, en son château du Bot, près Le Faou, par Landerneau, en Bretagne, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 32-34.

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