10 December 1791: the Lycée’s opening

Le Lycée fit son ouverture samedi dernier, par des lectures et de la musique. MM. Lacroix, Boldoni et Cailhava lurent chacun des discours analogues au genre de science qu’ils professent.

M. Lacroix, sous prétexte qu’il ne devait pas être indifférent pour des hommes libres, de connaître chez quel peuple ils prennent leur origine, a commencé la séance par la lecture de ses recherches sur les Goths et les Celtes. Assurément, c’était bien le cas de dire avec La Fontaine :

On ne s’attendait guère                                                                                                                                 A voir les Celtes en cette affaire.

Sa lenteur et la monotonie de son débit rendirent ce discours fort ennuyeux.

M. Boldoni lui succéda et retraça les beaux jours de la littérature italienne ; il s’arrêta en particulier sur le Dante ; il sortit couvert d’applaudissements, pour céder la place à M. Cailhava, qui, dans un très petit  discours exposa le plan qu’il suivrait dans le cours qu’il doit faire. Il prononça un discours plein de goût et d’esprit, mais il avait un épouvantable accent du Midi, dont il ne paraissait pas s’inquiéter.

M. Cubières, en attendant les musiciens, vint nous lire une misérable pièce de vers, dignes du Pont-Neuf. La musique, quoique assez chétive, nous désennuya un peu.

Gaston Maugras, Journal d’un étudiant (Edmond Géraud) pendant la Révolution, 1789-1793, 3e éd. (Paris, 1890), p. 236-237.

Image : Jean-François Cailhava

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