30 November 1790: “death of the clergy” & Paris getting more quiet

Paris… (…)

Votre municipalité a bien de la peine à s’organiser. li en est à peu : près ainsi dans la plupart des villes du royaume. Les intransigeants se refusent, et l’autorité tombe entre les mains des Jacobins. Or, Dieu seul sait ce qui en arrive, si la Providence n’y met ordre. Quant à nous, mes chers amis, nous sommes dans le même état, faisant chaque jour quelques nouveaux décrets ; nos comités les proposent, ils passent, et puis ils les expliquent, les commentent, les étendent, et vous les envoient ainsi tout digérés, sans l’être.

Vous avez vu dans les journaux l’arrêté de mort définitif du Clergé. Les Évêques sont très embarrassés ; la loi n’est pas encore sanctionnée, et j’imagine que l’on négocie avec le Pape. Il consentira à tout, car il n’a aucun moyen de l’empêcher, et il est probable qu’une scission, prononcée en ce moment, anéantirait la religion catholique en France, car il n’y a plus de foi, plus de respect pour les ministres, plus d’attachement au culte. On ne voit dans le Clergé qu’une proie, dont chacun veut avoir sa part. Le grand club du Palais-Royal, ou Cercle social, va tous les vendredis : l’autre jour une grosse femme hollandaise y monta à la tribune et parla ; il s’y rend quatre ou cinq mille personnes les jours de séance, mais la plupart sont de mauvais plaisants qui se moquent, et du club, et du grand procurateur général, l’abbé Fauchet.

(…)

Quant à Paris, on y est tranquille. Les patriotes du Palais Royal tentent d’exciter des mouvements dans le peuple. Jeudi, ils voulaient pendre un boulanger ; mais M. de La Fayette et la Garde nationale rompent toutes leurs mesures. L’argent commence à manquer aux factieux, et l’on dit que le chef se retire, au mois de janvier, en Angleterre, et déclare sa banqueroute.

Nos députés se font élire juges, partout où ils peuvent obtenir les suffrages. Cela me fait espérer la fin de notre législature ; lorsque nos avocats seront placés, ils voudront jouir du fruit de leurs travaux.

Lettre du marquis de Ferrières à M. et Mme Medel, dans Marquis de Ferrières, Correspondance inédite : 1789, 1790, 1791, publ. et annotée par Henri Carré (Paris, 1932), p. 328-329.

Image: the abbot Claude Fauchet

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