10 November 1789: A grumpy Deputy

Paris…

(…) On a les biens du Clergé. C’est ce que souhaitaient ardemment les agioteurs et les capitalistes ; ils n’en sont pas cependant au point où ils croient ; les administrations provinciales soustrairont, j’espère, les richesses du Clergé à l’avidité des hommes d’argent.

Nous sommes dans notre nouvelle salle, au manège des Tuileries ; elle n’est pas si belle que la salle de Versailles, mais elle est commode, bien chauffée.

J’attends toujours à quoi tu te décideras pour le voyage, parce qu’il faudra nécessairement s’arranger pour un logement : ils ne sont pas rares ; la plupart des hôtels sont vides. Cette ville est si grande que l’on s’aperçoit à peine qu’il y manque plus de quatre-Vingt mille âmes…

Nous sortons de l’Assemblée à quatre heures ; je dîne ; et après avoir été renfermés douze ou quinze cents pendant six heures, il est triste d’aller se renfermer de nouveau au spectacle.

(…) Adieu, ma bonne amie. Tu connais notre Assemblée comme nous-mêmes. Le Journal de Paris ne parle que de cela. C’est le précieux Garat qui rédige cet article ; il le rend insupportable par ses petites réflexions, ses fades louanges, son néologisme. Pourquoi un mince bel esprit entreprend-il de raisonner législation, gouvernement ? Que ne reste-t-il dans son Lycée, au milieu de ses caillettes ? C’est sa véritable place.

Lettre du marquis de Ferrières à Madame de Ferrières, dans Marquis de Ferrières, Correspondance inédite : 1789, 1790, 1791, publ. et annotée par Henri Carré (Paris, 1932), p. 191.

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