23 octobre 1789: Martial Law, Pain, & Liberty of Press

Paris, vendredi…

Je conçois tes inquiétudes; nous n’avons cependant couru aucun danger, mais les scènes affreuses dont nous avons été témoins, celles qui se passent encore journellement à Paris, navrent le coeur de tout homme honnête. Il paraît que l’on va s’occuper sérieusement de contenir la populace des faubourgs. Nous avons décrété une loi martiale : l’appareil est imposant. On arborera un drapeau rouge à l’Hôtel de Ville. Ce même drapeau sera porté dans les rues avec ordre aux bons citoyens de se retirer chez eux. On a établi le Châtelet, juge en dernier ressort de tous les auteurs et fauteurs de troubles. Le grand mal est que le pain est rare, et que les gens malintentionnés non seulement profitent de la disette pour susciter des insurrections, mais encore contribuent par des manoeuvres sourdes à augmenter et à faire naître cette disette. (…)

Il n’y a point de nouvelles. Le Journal de Paris et le Mercure t’apprennent à peu près ce qui se passe. Comme la censure ne gêne plus les auteurs, ils parlent plus ouvertement ; mais cette liberté de la presse est devenue une véritable licence. On imprime, et l’on vend les libelles les plus atroces contre la Reine. Je ne lis ni n’achète ces infamies; je me tiens à ce qui regarde l’histoire.

Lettre du marquis de Ferrières à Madame de Ferrières, dans Marquis de Ferrières, Correspondance inédite : 1789, 1790, 1791, publ. et annotée par Henri Carré (Paris, 1932), p. 181-183.

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