18 October 1789: Duke of Orleans, still & again

I decided to publish another document focusing on the Duke of Orleans’s trip (already commented upon on October 14), to explore the temporality of rumours, stimulated by speculations around the absent King’s cousin. On October 19, Gouverneur Morris writes down in his diary a conversation happened in the Club: “Mons. —-, who is one of the Entours of Monsr. de La Fayette, tells me that the Friends of the Duke of Orleans will (it is apprehended) denounce him to the Assemblée nationale so as to oblige him to return, they expecting that his Popularity in Paris will make him triumph over his Enemies” (Morris 1939, 263).

Paris…

Le duc d’Orléans partit mercredi pour se rendre en Angleterre. Vous voudriez peut-être savoir quel est le motif de ce voyage, et je ne vous l’apprendrai pas, parce que je ne suis pas dans le secret. Vous dresserez vos conjectures sur les bruits qui se répandent et dont je vais vous faire part. D’un côté, des gens disent que le Roy a donné une mission secrète à monsieur le Duc pour traiter avec la cour de Londres, et que M. de Montmorin a déclaré à l’Assemblée nationale qu’il avoit rédigé à la hâte des instructions pour Monseigneur. On lit cet article dans quelques-uns de nos papiers qui courent les rues. D’un autre côté, les malins, et il y en a sur le pavé, répandent que M. de la Fayette a dit à Monseigneur, en présence du Roy : « J’ai remis à Sa Majesté un mémoire contenant les preuves de votre influence sur l’insurrection du peuple et de votre volonté pour me faire assassiner. » Voyez un peu jusqu’où va la malice des hommes d’oser soupçonner un grand prince de deux crimes aussi énormes. On ajoute, à l’appui de cette assertion, la capture de fusils et de cartouches chez un armurier rue Tiquetonne, mis en prison, que l’on dit avoir déclaré les tenir d’un valet de chambre de Son Altesse. On raconte encore quelques autres circonstances. Accoutumé a être trompé par les propos populaires, je me suis déterminé à ne rien croire du tout que je ne voie des certitudes, et je ne commencerai pas à fîxer mon opinion sur ce qu’on débite de ce prince que je ne soie [sois] sûr que l’Hôtel de ville soit muni des preuves les plus claires d’une détestable intrigue, à laquelle on n’ose pas se permettre de soupçonner le cousin du trône d’avoir part. Le Châtelet commencera lundi à mettre en pratique le nouveau code criminel, en instruisant la procédure des prisonniers. Ils sont nombreux.

L’Assemblée nationale tiendra lundi prochain sa séance à l’Archevêché et jusqu’à ce que le Manège soit disposé à la recevoir. Le choix de ce lieu me plait infiniment. Plusieurs députés ont demandé des passeports pour retourner à leurs foyers. L’Assemblée nationale, voulant arrêter la désertion, a décrété qu’elle ne donneroit plus de passeports.

Du comte de Quélen à M. le président de Saint-Luc, en son château du Bot, près Le Faou, par Landerneau, en Bretagne, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 27-28.

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