10 October 1792: Public Money & Speculations

Monsieur…., je vous confirme la banqueroute de la maison dite de secours, qui a inondé Paris et les environs à vingt lieues à la ronde de ses billets. On a craint sans doute de la rumeur et on vient de proclamer qu’ils seront tous remboursés. L’Assemblée législative avait déjà décrété 3 millions pour cet objet qui en consommera peut-être le double. Il faut avouer que les financiers de la Révolution sont bien maladroits de dilapider ainsi la fortune publique, et de l’appliquer au remboursement frauduleux de papier émis par des escrocs qui emportent notre argent chez l’étranger, et de n’avoir pas prévenu dans le principe de semblables abus. Que n’auroit-on pas dit, si pareille chose fût arrivée dans l’ancien régime ! Et peut-on raisonnablement blâmer les gens de bon sens, qui improuvent les opérations premières de ceux qui ont fait et continué la Révolution pour ruiner entièrement la France, en enrichissant un tas de scélérats et de brigands? Et encore, sous peine d’être égorgé, faut-il trouver tout cela bon et bien, et dire que cela peut aller ainsi ! L’ancien despotisme permettoit qu’on s’expliquât ; sous celui-ci, il faut se taire et paroître content.

Lefebvre d’Acy à M. Vanlerbergh (Paris, le 10 octobre 1792), dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 471-472.

 

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