7 October 1790: Money and Chaos

…nous n’avons dans ce moment aucun tribunal. La justice ne se fait point, et il vous est bien facile de dire que les affaires sont négligées ici. Si vous voyiez le cahos dans lequel nous sommes, vous seriez peut-être étonné de ce que les choses ne vont pas encore plus mal. Tout est culbuté : administration, lois, principes, tribunaux. On ne sait plus à qui s’adresser, ni comment faire…

Je ne fais nul doute qu’il est très instant de vendre l’emprunt de 125 millions… Quant à moi, j’ai vendu ce qui m’en restoit depuis plus d’un mois ; jaurois pu mieux faire, mais j’ai fait les réflexions suivantes, que je suis charmé de vous communiquer : 1° la Constitution est trop nouvelle pour qu’on puisse regarder ses fondemens bien assis ; 2° l’impôt, qui doit garantir les prêteurs des dettes que l’État a faites, n’est point encore fixé, point assis ; nulle certitude que ce peuple, accoutumé à faire ce qu’il veut, consente à le payer; d’après cela, nulle sûreté sur la dette publique. Quant aux assignats, ils tomberaient d’eux-mêmes, et malheur à ceux qui s’en trouveroient porteurs. Toutes les créations de papier-monnoie ont été affreuses depuis le système de Law, qui ruina tant de familles françoises.

Le comte de Seneffe à M. J. Annette, à Bruxelles, dans  Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 176-177.

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