30 September 1789: more boredom and freedom

Je vois avec bien du plaisir, ma chère sœur, que, quoique la société françoise ait jugé à propos de se séparer, vous n’en avez pas moins goûté les plaisirs de Spa. Quant à nous, on ne connoît plus ce mot de plaisir à Paris. Ainsi jugez si on a le temps de s’ennuyer. Pour comble de maux, la misère est extrême ; on se bat chez le boulanger pour avoir du pain. Chacun porte aux Monnoies ses argenteries pour faire des écus. Par dessus cela, l’Assemblée nationale vient d’ordonner que chacun payeroit 25 p. 100 de ses revenus. Jugez combien cela est gai. La moitié des gens de bonne compagnie est absente, l’autre ne voit personne… Tous les plaisirs se bornent aux spectacles qui sont peu suivis et très froids. On ne se voit que dans les clubs et aux promenades. Comme Paris est changé! Le diable emporte la liberté !

Le comte de Seneffe à la comtesse J.-B. de Pestre, sa belle-sœur, à Bruxelles, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 147.

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