29 September 1792: bored in Paris

Paris, ce samedi

…Tout est ici fort tranquille, mais je désire que mes affaires se terminent bientôt… Je dîne tous les jours chez le restaurateur sans être restauré ; je me couche au lieu de souper ; et comme je ne m’occupe ici que d’une seule affaire, je trouve les soirées fort ennuyeuses. Paris a l’air d’une petite ville de province : quelques fiacres, quelques patrouilles, pas une figure de connaissance. (…)

Les mauvais patriotes répandent ici que les Prussiens sont à Ay et à Reims, pour arriver à Paris sous quinze jours, comme s’ils étoient assez imbéciles pour venir provoquer 700.000 hommes libres qui sauroient les pulvériser en 24 heures, ainsi que tous leurs rois et leurs généraux. On travaille ici aux fossés et au camp sans relâche. Tous les citoyens, sans relâche. Tous les citoyens, sans distinction, sont commandés pour aller y bêcher la terre, et il y a là des officiers qui, la canne à la main, font fort bien travailler les paresseux payés ou non payés.

De Paul-Pierre Kolly à Mme Renaud, sa cousine, à Boulogne-sur-Mer, dans Pierre de Vaissière, Lettres d’« aristocrates ». La Révolution racontée par des correspondances privées. 1789-1794 (Paris, 1907), p. 565-566.

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